One Forest Vision : mieux connaître les forêts tropicales pour mieux les protéger
L’initiative One Forest Vision mobilise la recherche, la télédétection, l’intelligence artificielle et les sciences participatives pour améliorer la connaissance et le suivi des forêts tropicales. Dans le bassin du Congo, elle s’appuie notamment sur Pl@ntNet afin de faciliter l’identification des plantes, documenter des flores encore peu connues et renforcer les compétences locales.
Les forêts tropicales abritent une biodiversité exceptionnelle et stockent d’importantes quantités de carbone. Elles jouent ainsi un rôle majeur dans la régulation du climat et du cycle de l’eau, tout en fournissant de nombreuses ressources aux populations. Elles sont cependant menacées par la déforestation, l’exploitation des ressources, les incendies, l’extension agricole, le développement des infrastructures et le changement climatique.
Pour protéger ces écosystèmes, il est indispensable de disposer d’informations précises sur les espèces, la structure des forêts et leur capacité à stocker du carbone. Or, dans de nombreuses régions tropicales, les données de terrain restent insuffisantes ou dispersées entre différentes institutions.
Lancée en 2023 à l’occasion du One Forest Summit de Libreville, One Forest Vision, ou OFVi, soutient la coopération scientifique avec les pays des grands bassins forestiers tropicaux. Son premier déploiement concerne le bassin du Congo, notamment au Gabon, en République du Congo et en République démocratique du Congo.
Relier le terrain et l’observation depuis l’espace
OFVi combine plusieurs méthodes d’étude de la biodiversité et du carbone :
. inventaires botaniques et forestiers ;
. parcelles permanentes suivies sur le long terme ;
. mesures des arbres, de la biomasse et des sols ;
. pièges photographiques et enregistreurs acoustiques ;
. drones et dispositifs LiDAR ;
. images satellitaires ;
. modèles écologiques et intelligence artificielle.
Des sites de recherche à long terme, appelés « super-sites », servent de laboratoires à ciel ouvert. Les scientifiques y étudient simultanément la végétation, la faune, le fonctionnement des écosystèmes et le cycle du carbone. Les observations réalisées au sol permettent de vérifier et d’améliorer les informations produites par les satellites et les drones.
Cette complémentarité est essentielle. Les satellites peuvent observer régulièrement de très grandes surfaces, tandis que les inventaires de terrain permettent d’identifier précisément les espèces et de mesurer les caractéristiques de chaque forêt.
Pl@ntNet pour faciliter l’identification des plantes tropicales
Identifier les plantes constitue l’une des principales difficultés des inventaires tropicaux. Une forêt peut accueillir plusieurs centaines d’espèces d’arbres, dont certaines sont rares, visuellement proches ou encore peu documentées. Les botanistes spécialisés sont indispensables, mais trop peu nombreux pour couvrir seuls des territoires aussi vastes.
One Forest Vision s’appuie donc sur Pl@ntNet afin de contribuer à lever ce « verrou taxonomique ». La plateforme est enrichie à partir d’images provenant des herbiers, des inventaires scientifiques et de nouvelles campagnes de terrain. Ces données, une fois correctement identifiées et validées, servent à améliorer les modèles de reconnaissance automatique.
Pour Pl@ntNet, l’initiative permet notamment de :
. mieux représenter les flores du bassin du Congo ;
. intégrer des photographies validées par des spécialistes ;
. améliorer l’identification d’espèces tropicales peu observées ;
. produire de nouvelles observations géolocalisées ;
. développer les usages de la plateforme pour la recherche et la conservation.
Les photographies prises au sol peuvent aussi compléter les images de la canopée obtenues par drone. Leur combinaison ouvre de nouvelles perspectives pour reconnaître les arbres à différentes échelles et cartographier la composition des forêts.
Former et mobiliser les acteurs locaux
Le renforcement des compétences est un élément central de l’initiative. Des formations à Pl@ntNet sont organisées avec des universités, des instituts de recherche, des herbiers, des jardins botaniques et des gestionnaires d’espaces protégés.
Au Gabon, des missions menées en 2025 et 2026 ont permis de former des étudiants, enseignants, chercheurs et guides de terrain. Les observations ont notamment été confrontées aux collections de référence conservées dans les herbiers.
Ces activités montrent que Pl@ntNet n’est pas seulement un outil d’identification. Il constitue aussi un support de formation, de partage des connaissances et de constitution de ressources botaniques locales.
Des observations utiles à la conservation
Une observation Pl@ntNet associe des photographies à une date, une position géographique et une identification. Réunies à l’échelle d’un territoire, ces informations peuvent contribuer à cartographier les espèces, documenter les plantes rares ou menacées, repérer des espèces envahissantes et suivre les périodes de floraison ou de fructification.
Elles peuvent aussi aider à caractériser les habitats, orienter les inventaires vers les zones encore peu étudiées et analyser les effets de la dégradation forestière ou du changement climatique. Les données de Pl@ntNet complètent ainsi les mesures écologiques, les images satellitaires et les informations recueillies par drone.
Plus d’informations sur https://www.oneforestvision.org/