La semaine dernière, Pl@ntNet était invité par le Jardin botanique de Kew, au Royaume-Uni, pour participer à son Symposium 2026. À cette occasion, nos partenaires de Kew ont dévoilé leur rapport de référence, « State of the World’s Plants and Fungi 2026 », auquel l’équipe Pl@ntNet a activement contribué.
Les travaux de Pl@ntNet ont été mis à l’honneur à plusieurs reprises au cours de l’événement. Dans le cadre de sa présentation, la directrice du Harvard University Herbaria a notamment cité nos recherches sur l’identification automatisée des spécimens d’herbier. De plus, notre collaboration de longue date avec le Dr Sue Han Lee, chercheuse au Swinburne University of Technology Sarawak Campus et spécialiste en computer vision, en machine learning et en deep learning, a également été mise à l’honneur lors de sa présentation. Depuis 17 ans, nous travaillons étroitement ensemble, notamment sur le développement d’outils d’identification des pathogènes des plantes, dans le cadre de recherches plus larges qu’elle mène sur l’application de l’intelligence artificielle à l’analyse d’images et à l’identification du vivant.
Enfin, la plateforme était également représentée lors de la session plénière de clôture consacrée au thème « Booster la conservation de la biodiversité : les atouts et les pièges de l’IA ». Pierre Bonnet, coordinateur de la plateforme Pl@ntNet et botaniste au CIRAD, y représentait la plateforme aux côtés de Drew Purves, Nature Lead chez Google DeepMind, et de Juhie Radia, membre du Kew Gardens Youth Council et data analyst.
La discussion a porté sur le potentiel de l’intelligence artificielle pour transformer la numérisation des collections naturalistes, l’exploitation des données de biodiversité et les pratiques scientifiques. Les échanges ont mis en lumière les nombreuses perspectives offertes par ces technologies, tout en abordant leurs limites, leurs implications éthiques et les défis qu’elles soulèvent. Une attention particulière a également été portée aux questions de gouvernance des données, d’accès aux technologies pour les pays du Sud et de souveraineté numérique.
L’exemple de Pl@ntNet, déployé à très grande échelle, a servi à illustrer les apports concrets de l’intelligence artificielle à la conservation de la biodiversité. La plateforme a été présentée comme un outil de science participative qui met l’IA au service de l’identification des plantes et des inventaires de biodiversité, en s’appuyant sur plusieurs millions de contributeurs répartis dans plus de 200 pays.
Au-delà de cette réussite, les échanges ont insisté sur un point essentiel : la qualité des données. Les recherches menées autour de Pl@ntNet portent notamment sur la curation automatisée des données, la définition de standards d’évaluation des modèles, la cartographie automatisée à grande échelle ainsi que le développement d’outils capables de transformer les données de biodiversité en informations directement exploitables pour la conservation. Cette exigence de qualité repose en grande partie sur la mobilisation des citoyens. Le rôle de la science participative a ainsi été largement souligné.
Une attention toute particulière, notamment importante dans le cadre de la collaboration que nous menons avec le Jardin botanique de Kew, résidait dans l’interopérabilité entre les observations issues de la science participative, les collections numérisées et les référentiels taxonomiques mondiaux afin de garantir des données robustes, correctement organisées et accessibles à la recherche comme à la société.
Ces éléments, comme tout le travail mené dans le cadre des collaborations internationales organisées par le Jardin botanique de Kew, peuvent être retrouvés en détail dans le rapport 2026 disponible ici. C’est une synthèse de 55 pages que nous vous invitons chaudement à traverser.
Au-delà des travaux consacrés à Pl@ntNet, ce rapport met en lumière un véritable bond en avant de la biodiversité numérique. En une décennie seulement, la numérisation de plus de 145 millions de spécimens de plantes et de champignons a profondément transformé non seulement l’accès aux données, mais a aussi offert de nouvelles perspectives pour la recherche, la conservation et la prise de décision. Cette dynamique ne pourra cependant porter ses fruits qu’en poursuivant les efforts de numérisation, d’enrichissement des données et de coopération internationale, notamment dans les régions les plus riches en biodiversité. Une vision que nous partageons pleinement et à laquelle Pl@ntNet est fier de contribuer, aux côtés de nombreux partenaires à travers le monde.