En 2026, quelle place pour les données issues de Pl@ntNet dans la Recherche ?

Pl@ntNet est souvent associé à son système de reconnaissance de plantes ; c’est en effet l’aspect le plus visible et reconnu. Pourtant, la plateforme repose aujourd’hui sur trois composantes étroitement liées : l’outil d’identification de plantes basé sur l’intelligence artificielle, une communauté riche de plusieurs millions d’utilisateurs qui produit et partage des observations botaniques partout dans le monde, et enfin un ensemble de données de biodiversité devenu, au fil des années, une ressource scientifique de premier plan. Mais en 2026, à quoi servent concrètement les données produites via Pl@ntNet ?

Les données diffusées par Pl@ntNet, et notamment à travers le GBIF (ou Global Biodiversity Information Facility), occupent depuis plusieurs années une place importante dans la recherche sur la biodiversité végétale. Produites à partir des millions d’observations réalisées par les utilisateurs de la plateforme, elles dépassent aujourd’hui le simple cadre d’une application de reconnaissance des plantes disponible sur votre téléphone. Ces données sont mobilisées dans des travaux portant sur l’écologie, la conservation, la biogéographie, la modélisation environnementale ou encore l’intelligence artificielle.

Depuis 2020, initialement dans le cadre du projet européen Cos4Cloud, Pl@ntNet alimente régulièrement le GBIF avec les observations les plus fiables provenant de sa plateforme, qu’il s’agisse d’observations issues et validées par la communauté ou d’identifications automatiques associées à un très haut niveau de confiance. Cette stratégie de diffusion ouverte a permis à ces données d’être utilisées dans plus de 1 500 publications scientifiques internationales.

D’ailleurs, cette contribution a récemment été mise en avant dans un article publié dans Nature Communications en janvier 2026. Les données issues des sciences participatives, dont celles provenant de Pl@ntNet via le GBIF, y sont intégrées à de grands ensembles de référence comme TRY et sPlot afin de produire des cartes mondiales de traits fonctionnels des plantes à haute résolution. TRY est une base de données internationale qui compile des mesures de traits fonctionnels des plantes issues de travaux de terrain (par exemple la taille des feuilles, la densité du bois ou la masse des graines), tandis que sPlot rassemble des relevés de végétation réalisés sur des parcelles standardisées à travers le monde pour décrire la composition des communautés végétales. L’étude montre que ces données permettent de combler des lacunes importantes dans les régions encore peu couvertes par les inventaires scientifiques traditionnels, notamment dans les zones tropicales, montagneuses ou historiquement sous-échantillonnées. Les auteurs soulignent également que les plateformes comme Pl@ntNet contribuent à la production de données dites « research-ready », directement exploitables dans des analyses scientifiques globales. Elles améliorent en particulier la couverture spatiale des modèles écologiques, ce qui renforce leur capacité à représenter des régions où les données de terrain restent limitées.

Ces données de science participative jouent un rôle structurant dans la production de cartes globales de traits fonctionnels, comme la taille des feuilles, la densité du bois ou la masse des graines. Ces variables sont essentielles pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes et leurs réponses au changement climatique. L’apport des données issues de plateformes comme Pl@ntNet ne se limite donc pas à enrichir les bases existantes, il modifie directement la capacité des modèles à représenter le vivant à l’échelle mondiale.

Néanmoins, les usages de ces données ne se limitent pas à l’écologie. Cette convergence entre sciences participatives, expertise botanique et intelligence artificielle contribue au développement d’outils capables d’analyser la biodiversité à grande échelle dans des contextes écologiques très variés. Plus largement, la diffusion ouverte et standardisée des données via le GBIF permet leur réutilisation dans des projets scientifiques internationaux portant aussi bien sur le changement climatique que sur les espèces invasives ou les grands équilibres écologiques. L’article publié dans Nature Communications rappelle d’ailleurs que ces avancées reposent à la fois sur des infrastructures ouvertes de partage de données biodiversité et sur les communautés de contributeurs qui alimentent quotidiennement des plateformes comme Pl@ntNet.

En quelques années, Pl@ntNet est devenu bien plus qu’un outil d’identification des plantes. La plateforme participe aujourd’hui à soutenir l’infrastructure sur laquelle s’appuie la recherche scientifique mondiale dédiée à l’observation et à la compréhension du vivant. Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir ces questions, Pierre Bonnet et Alexis Joly, coordinateurs de la plateforme Pl@ntNet, sont récemment revenus dans The Conversation sur l’évolution de Pl@ntNet et sur la place occupée par les sciences participatives dans la recherche sur la biodiversité. Nous vous en parlions ici, mais nous vous invitons surtout à prendre le temps de découvrir cet échange disponible dans son intégralité.